Prévisions du cours de l’action Oracle (ORCL) 2026, 2030, 2050
En 2025, Oracle s’est affirmée comme un acteur majeur de la tech. Sa spécialisation dans le cloud entraîne un vif intérêt des géants de l’IA. D’importantes commandes réaffirment ainsi le potentiel de ce secteur pour les prochaines années.
Mais les besoins de financement considérables du secteur interrogent sur la prise de risque. Oracle peut-elle vraiment convertir ces commandes en bénéfices à long terme ? Et, si oui, quelles sont les perspectives de gain pour Oracle à long terme ?
Cet article se propose d’analyser la situation financière d’Oracle et ses perspectives à long terme.
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L’action Oracle en bref
Oracle est de ces groupes dont la réputation brouille parfois la lecture de la réalité. Pendant des décennies, l’entreprise s’est imposée comme l’un des piliers du logiciel d’entreprise. Sa base de données est devenue un standard quasi incontournable dans les grandes organisations. De fait, Oracle a structuré de nombreux systèmes d’information.
À partir de ce cœur technologique, Oracle a élargi son champ d’action. La société s’intéresse à la fois à la gestion financière, aux ressources humaines, à la supply chain ou à la relation client. Au fil des années, le groupe a bâti au fil de nombreuses solutions afin de se diversifier. Des offres comme Fusion ou NetSuite incarnent cette volonté de couvrir l’ensemble des besoins métiers.

La réorientation stratégique d’Oracle
Depuis plusieurs années, ce modèle historique est mis à l’épreuve. La généralisation du cloud a profondément rebattu les cartes dans le secteur. Oracle n’a pas eu d’autre choix que d’engager un virage stratégique majeur. Premièrement, il s’agit d’accompagner la migration progressive de sa base vers le cloud. Ensuite, Oracle cherche à s’imposer comme un acteur crédible de l’infrastructure cloud. Cette ambition prend forme à travers Oracle Cloud Infrastructure (« OCI »).
Ce repositionnement est stratégique puisque l’intelligence artificielle accélère la demande en capacités de calcul et en stockage. Du fait de l’explosion des besoins, les centres de données deviennent plus grands, plus coûteux et plus énergivores. Oracle espère donc tirer parti de son expertise technique et de sa base clients existante.
Le groupe met également en avant (de manière très appuyée) son carnet de commandes à long terme. Ces engagements contractuels offrent en théorie une visibilité sur les revenus futurs. Mais en pratique ils soulèvent des interrogations. La capacité d’Oracle à livrer les infrastructures promises, dans les délais, tout en préservant sa rentabilité, alimente depuis plusieurs mois un débat récurrent chez les analystes.
Les chiffres clés sur l’action Oracle
Les derniers résultats montrent une trajectoire de croissance modérée mais régulière. Pour l’exercice fiscal 2025, Oracle affiche un chiffre d’affaires de 57,4 milliards de dollars, en hausse de 8 % sur un an. Cette progression repose avant tout sur le cloud. Le poids de cette branche d’activité ne cesse effectivement d’augmenter dans les activités du groupe.
Au quatrième trimestre fiscal 2025, le chiffre d’affaires cloud atteint 6,7 milliards de dollars, soit une croissance annuelle de 27 %. Et l’activité d’infrastructure cloud se distingue encore davantage. La progression du bénéfice par action confirme cette tendance. En 2025, le BPA (GAAP) s’établit à 4,34 dollars, contre 3,71 dollars en 2024. En non-GAAP, il passe de 5,56 à 6,03 dollars.
| Indicateur | FY2024 | FY2025 |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 53,0 Md$ | 57,4 Md$ |
| BPA GAAP | 3,71 $ | 4,34 $ |
| BPA non-GAAP | 5,56 $ | 6,03 $ |
| Operating cash flow | 18,7 Md$ | 20,8 Md$ |
| Free cash flow (définition Oracle) | 11,807 Md$ | / |
De leur côté, les flux de trésorerie évoluent aussi positivement. L’operating cash-flow atteint 20,8 milliards de dollars en 2025, contre 18,7 milliards en 2024. Par ailleurs, le free cash-flow s’élevait à 11,8 milliards de dollars en 2024.
Cette progression du cash-flow opérationnel est encourageante. Mais ce chiffre doit être interprété de manière plus critique. En effet, le développement du cloud et de l’IA implique des capex massifs. Il s’agit notamment de dépenses pour la construction et l’équipement de centres de données. Comparer les flux de trésorerie d’une année sur l’autre sans intégrer cette réalité serait incomplet.
Endettement et structure financière
L’endettement est un aspect majeur de la situation financière d’Oracle. Le groupe utilise depuis de nombreuses années la dette comme un levier stratégique. Cette dette est notamment utilisée pour des acquisitions, des rachats d’actions et des investissements lourds. En outre, le recours à l’endettement pour des rachats d’actions peut être une source de critiques chez les analystes. Cet endettement témoignerait de la faiblesse de l’entreprise à générer de la valeur.
Tant que les flux de trésorerie demeurent solides, le marché accepte donc cette approche d’endettement sans véritable inquiétude. Comme le soulignent les notes des agences, la situation se tend récemment. Les investissements liés au cloud et à l’IA se traduisent par une hausse marquée de la dette. Selon plusieurs estimations de marché, la dette totale dépasserait désormais les 130 milliards de dollars au bilan. Ce chiffre inclut les passifs financiers à court terme.
En face, la trésorerie disponible serait comprise entre 19 et 20 milliards de dollars. L’endettement net ressort donc à un niveau élevé par rapport aux capitaux propres. À la fin de l’exercice 2025, certains analystes estiment que le ratio dette / capitaux propres dépasse le seuil de 4. Ce levier peut rester soutenable tant que la croissance se maintient et que les flux de trésorerie se matérialisent. Mais l’endettement réduit mécaniquement la marge de manœuvre en cas de ralentissement. Pour rappel, Oracle a procédé en 2025 à une émission obligataire d’environ 18 milliards de dollars. Cette levée de fonds est surtout destinée à financer ses projets cloud et IA.
Les agences de notation comme Mood’ys soulignent ainsi que la dette pourrait croître plus vite que l’EBITDA à court terme. Oracle fait donc un pari assumé. Il s’agit pour l’entreprise de parier sur le fait que les investissements actuels généreront, à terme, des revenus récurrents. Ces revenus devront donc être suffisamment robustes pour absorber cet endettement.
Une valorisation sous surveillance
Le PER reste l’un des outils qui permet d’évaluer la qualité financière d’Oracle. Cet indicateur est d’abord très sensible à la méthode, puisqu’il existe une variété d’indicateurs. Nous pouvons par exemple citer le PER forward, le PER en normes GAAP ou non-GAAP, etc.
Pour l’exercice fiscal 2025, le BPA GAAP s’établit à 4,34 dollars. Au 15 janvier 2026, le cours de l’action évolue autour de 192 dollars. Le PER historique ressort ainsi à un peu plus de 44 fois les bénéfices. Ce niveau peut surprendre pour une entreprise souvent perçue comme mature. En réalité, ce niveau « élevé » de PER reflète surtout les anticipations intégrées par le marché.
En pratique, les investisseurs privilégient le PER forward sur ce type de valeur. Celui-ci est estimé autour de 27 à ce jour. Ce multiple traduit une idée simple et prend en considération la croissance attendue du bénéfice. Cela a pour effet de réduire mécaniquement la valeur du PER. Le marché accepte donc de payer aujourd’hui pour une amélioration future de la rentabilité. Ce pari peut s’avérer risqué, puisque la croissance peut rester inhibée avec des marges sous pression du fait des investissements.
La comparaison sectorielle apporte un éclairage utile. À la mi-janvier 2026, le forward PER du secteur technologique américain se situe autour de 26. Ce niveau est celui de l’indice Information Technology du S&P 500. Oracle se traite donc à un niveau très proche de la moyenne du secteur. Oracle n’est donc plus considérée comme une valeur « défensive ». Mais elle n’est pas non plus valorisée comme une entreprise en hypercroissance !
Le marché semble lui accorder le bénéfice du doute, à condition que la dynamique du cloud se confirme et que la génération de cash-flow soit au rendez-vous. Si le niveau du PER forward est proche du secteur technologique américain, les ratios relatifs à l’endettement sont plus dégradés que le reste du secteur.
Quel est le consensus de marché pour Oracle ?
En 2025, le cours de l’action a globalement évolué entre 120 $ et 345 $. La borne haute correspond à celle du canal ascendant engagé en 2020. Au contraire, la borne basse a été testée en 2022 et 2025. Les niveaux actuels semblent ainsi marquer de nouveaux tests des appuis baissiers.

La cible moyenne du marché à 12 mois s’établit aujourd’hui autour de 300 $. La cible la plus basse se situe quant à elle autour de 175 $, c’est-à-dire légèrement en-dessous du cours actuel de l’action. La banque UBS situe par exemple l’objectif à 12 mois entre 280 $ et 325 $. UBS souligne aussi que la consolidation récente serait de nature à avoir intégré de nombreuses préoccupations.
Jefferies montre l’anticipation la plus optimiste avec une cible allant jusqu’à 400 $. Cet optimisme serait justifié par un multiple de 19x de la valeur de l’entreprise rapportée au BPA estimé pour l’exercice 2030, soit 21 dollars.
Le consensus de marché reste donc plutôt très optimiste sur Oracle, puisque plus de 75 % des analystes recommandent un achat de la valeur. Le potentiel de hausse serait donc d’environ +50 % d’après le consensus.
Pour rappel, Oracle clôture généralement son exercice fiscal à la fin mai. Les discussions relatives aux perspectives 2026 peuvent désigner l’année civile 2026 ou l’exercice fiscal 2026.
Des enjeux importants pour Oracle avant 2030
Des enjeux majeurs s’ouvrent pour Oracle avant 2030. OpenAI a effectivement annoncé la commande de 300 Mds$ de puissance de calcul à Oracle pour les cinq prochaines années. Cette demande considérable soulève des enjeux majeurs pour Oracle. Et plus globalement, pour l’ensemble des valeurs de la tech.
Le Wall Street Journal souligne que « le point clé à retenir de ce trimestre réside avant tout dans les 317 milliards de dollars de carnet de commandes additionnel ». Ces commandes « sous-tendent les perspectives de croissance de l’activité cloud infrastructure d’Oracle. Ce backlog implique une multiplication par 14 sur les cinq prochaines années ». Cela représente un passage de « 10 milliards de dollars en FY25 à 144 milliards en FY30 ».
De plus, « Oracle n’a pas communiqué le nom de ses clients, mais nous partons du principe que l’essentiel de cette dynamique provient d’OpenAI (plus de 100 milliards de dollars), ainsi que de xAI et Meta. Cette diversification, qui ne se limite pas à OpenAI et couvre à la fois les usages d’entraînement et d’inférence, contribue à réduire le profil de risque du titre, même si la concentration autour d’OpenAI restera élevée ».
En d’autres termes, le groupe vise des revenus totaux de 225 milliards de dollars d’ici 2030. Ces revenus représenteraient une croissance annuelle moyenne à deux chiffres. De son côté, le bénéfice par action est attendu autour de 21 $ d’ici 2030, contre 4,34 $ aujourd’hui. Avec un PER modéré de 20 et un bénéfice à 21 $ en 2030, cela représenterait un cours de l’action à 420 $ par exemple.
« Ce montant représente une croissance annuelle moyenne de 28 % sur les cinq prochaines années », a déclaré le directeur financier, Douglas Kehring. Il ajoute que « les revenus et les bénéfices sont symbiotiques ». Cela souligne donc ici la capacité d’Oracle à générer de la croissance.
Prévisions du cours de l’action Oracle : les trajectoires possibles à long terme
Les banques n’établissent pas habituellement de projections à très long terme. En effet, la visibilité sur la santé financière de l’entreprise est floue au-delà de quelques années. De plus, de nombreux chocs peuvent impacter le prix d’une entreprise. Ces chocs peuvent affecter durablement la qualité financière de l’entreprise et rendre tout scénario caduc.
Comme évoqué, le cours d’Oracle est largement sensible à la croissance attendue dans l’avenir. Le cours de l’action Oracle sera donc très dépendant de sa capacité à matérialiser cette croissance. La place croissante de l’IA dans nos vies implique nécessairement une demande accrue pour les centres de données. La croissance de ce secteur devrait être mécaniquement supérieure à celle du reste de l’économie.
Selon des hypothèses très théoriques de croissance, il est possible d’avoir un ordre de grandeur de la valorisation du groupe à l’horizon d’une vingtaine d’années. Ces projections ne prennent toutefois pas en compte de nouvelles évolutions. Elles doivent donc être considérées comme une base indicative au regard de la situation actuelle. En effet, des annonces et de nouveaux projets pourraient encore augmenter les anticipations de croissance et le PER forward.
| Scénario | Hypothèse croissance BPA | BPA estimé en 2050 | PER terminal | Prix théorique 2050 |
|---|---|---|---|---|
| Prudent | 6 % | ≈ 26 $ | 15 | ≈ 390 $ |
| Central | 8 % | ≈ 41 $ | 18 | ≈ 740 $ |
| Optimiste | 10 % | ≈ 66 $ | 20 | ≈ 1 320 $ |
Le scénario dépendra surtout des cycles de l’IA et de la capacité d’Oracle à transformer ses investissements en leviers de croissance. De plus, la pression concurrentielle, le poids de la dette et le coût du capital seront des contraintes majeures.
Comment investir dans l’action Oracle en 2026 ?
Pour investir dans l’action Oracle, plusieurs solutions s’offrent aux épargnants français.
🔹via un compte-titres
Les courtiers Bourse traditionnels comme Boursorama ou Bourse Direct permettent d’acheter l’action Oracle cotée au NYSE. Cette méthode est idéale pour les investisseurs souhaitant une exposition directe à la société et profiter de la performance du titre sur le long terme.
Attention : l’action Oracle n’est pas éligible au PEA, elle doit donc être détenue dans un compte-titres ordinaire (CTO).
🔹via des actions fractionnées
Les néo-courtiers tels que Trade Republic ou eToro offrent la possibilité d’acheter des actions fractionnées d’Oracle. Avec un cours actuel autour de 191 dollars, il est possible d’investir à partir de quelques euros, ce qui facilite la diversification de votre portefeuille sans immobiliser un capital important sur une seule valeur.
🔹via des produits dérivés ou des ETF
Pour les investisseurs plus expérimentés, certains courtiers comme IG ou ActivTrades proposent des produits dérivés (CFD, options), permettant de profiter aussi bien de la hausse que de la baisse du titre Oracle.
Une alternative pour une exposition diversifiée consiste à investir dans des ETF technologiques ou sectoriels incluant Oracle dans leur composition. Des brokers comme Freedom24 ou Saxo Banque proposent un large choix d’ETF américains, offrant une diversification tout en restant exposé à l’action Oracle.
🔹via des plateformes crypto
Une autre option pour investir dans l’action Oracle est de passer par des actions tokenisées via des plateformes crypto telles que BTCC. Cette méthode est idéale pour les investisseurs familiers avec les cryptomonnaies et souvent plus simple que les trois solutions traditionnelles.
Chaque token correspond à une action Oracle réelle à 1:1, offrant la même exposition économique qu’une action classique, mais sans compte-titres. Il est ainsi possible d’acheter et de vendre Oracle directement sur BTCC, rapidement et en toute sécurité.
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Conclusion
Oracle a suscité un grand intérêt chez les investisseurs en 2025. Après avoir progressé d’une vingtaine de pourcents en 2025, le consensus des analystes reste toujours haussier sur la valeur. Les annonces de nouvelles commandes de la part des géants de l’IA ouvrent effectivement de nouvelles perspectives.
Après s’être concentrée sur les logiciels, Oracle s’oriente désormais vers le cloud. Les besoins importants dans le traitement et la gestion des données suscitent l’expansion d’un nouveau marché. Mais cette activité n’est pas sans risque. En effet, l’intelligence artificielle requiert des centres de données qui sont généralement de grands consommateurs de capital.
De grandes commandes entraînent donc aussi de grands besoins de financement. Ces derniers augmentent également le risque associé à des entreprises comme Oracle. Les besoins de financement, atteignant plusieurs dizaines de milliards de dollars par an, suscitent des interrogations. La fin d’année 2025 a donc montré une montée du risque pour Oracle. Mais certains analystes jugent désormais que la valeur a intégré ce risque. UBS ou Jefferies se montrent ainsi très optimistes sur le cours du titre en 2026. Néanmoins, le risque d’une disruption dans le secteur de l’IA, lié par exemple aux technologies chinoises, peut entraîner de nouvelles incertitudes.
Les perspectives d’ici 2030 illustrent l’incertitude qui demeure chez les investisseurs. Tout réside dans la capacité d’Oracle à convertir ses commandes en bénéfices de long terme. Si cela se confirme, Oracle pourrait effectivement enregistrer une forte croissance de ses revenus et de ses bénéfices. Sur une vingtaine d’années, la réorientation stratégique de l’entreprise pourrait donc s’avérer porteuse, à condition de rester compétitive et de maîtriser son risque.
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